Proyecto Zamora Chinchipe

El proyecto Zamora-Chinchipe del IRD

Valorisation Muséale et Centre d’interprétation du patrimoine

| 0 Comentarios

Centre d’interprétation du patrimoine, Santa-Ana/La Florida, Équateur

Une civilisation amazonienne vieille de 4500 ans

En octobre 2002, une équipe franco-équatorienne d’archéologues (IRD / Institut National du Patrimoine Culturel, -Équateur) a mis au jour, sur le versant amazonien des Andes équatoriennes, les vestiges d’une culture préhispanique inconnue.

La civilisation Mayo Chinchipe, ainsi dénommée en raison de son emplacement sur le bassin fluvial du río Chinchipe (dont les eaux se mêlent en aval à l’Amazone), qui n’avait jusqu’à présent jamais été exploré de manière systématique par les archéologues, s’étendait autrefois sur un vaste territoire, de part et d’autre des frontières actuelles du Pérou et de l’Équateur.

Une découverte archéologique majeure

Le site de Santa-Ana – La Florida est un ensemble architectural en pierre, exceptionnellement bien conservé, dans une région où l’acidité des sols et l’humidité ont fait disparaître la grande majorité des vestiges. Il est composé de trois secteurs : celui des espaces domestiques, une nécropole, enfin une grande place circulaire (sans doute un espace cérémoniel). On a retrouvé sur ce site de nombreux objets : plats, bijoux, etc. La datation au 14C des divers contextes archéologiques du site a indiqué que ceux-ci étaient déjà occupés entre 4960-3685 ans avant le présent, c’est-à-dire vers 3000-2000 avant J.-C. ! Il s’agit par conséquent de la plus ancienne manifestation culturelle trouvée à l’est des Andes !

Une civilisation complexe…

La distribution spatiale rigoureuse des activités renvoie nécessairement à un système politique très élaboré, seul capable de la produire.

Les traces d’activités agricoles variées, ainsi que les preuves d’échanges commerciaux à longue distance avec les cultures du Littoral équatorien et du Nord de l’actuel territoire du Pérou, attestent du haut niveau de perfectionnement, technologique, économique et idéologique, atteint par les Mayo Chinchipe.

… et raffinée

La culture Mayo Chinchipe présente des caractéristiques uniques en Amazonie.

La poterie est particulièrement remarquable : elle constitue une tradition céramique d’une grande finesse, inconnue jusqu’ici dans les Andes.

L’une des principales innovations en est la forme d’anse dite « en étrier », qui combine le fonctionnel à l’esthétique. Cette forme stylistique caractérisera toute la poterie ultérieure du Pérou précolombien.

C’est dans cette culture qu’apparaît aussi le récipient effigie, laquelle représente des formes naturelles (serpents, félins, etc.) chargées du symbolisme qui deviendra emblématique des civilisations andines.

Pour en finir avec « la forêt vierge »

Le bassin hydrographique du rio Chinchipe se situe dans la forêt tropicale humide d’altitude. Cette partie de l’Amazonie occidentale comprend les contreforts orientaux des Andes, dont l’altitude varie entre 500 et 2000 m. La région baigne dans un brouillard permanent, marquant la transition entre la montagne sèche et la jungle des plaines amazoniennes, où le taux de biodiversité est l’un des plus élevés de la planète.

Cette région, loin d’être inhospitalière, regorge de ressources, que ses habitants ont su exploiter, depuis longtemps ! On a ainsi pu relever, sur les céramiques du site, des traces de cacao – les plus anciennes traces de culture du cacao au monde ! Malgré son image, la forêt tropicale n’est donc pas une « forêt vierge », mais un lieu habitable, et habité par l’homme.

De fait, la civilisation Mayo Chinchipe ne provient pas d’autres aires culturelles, déjà connues, mais s’est développée de manière autonome. C’est pourquoi la découverte de cette civilisation est si importante : elle remet en cause la doxa archéologique qui consiste à penser que la civilisation ne peut apparaître que dans certaines zones géographiques, plaines, littoral… En permettant de repenser l’origine des grandes civilisations andines, Mayo Chinchipe nous permet aussi de dépasser le déterminisme géographique, et d’étudier à nouveaux frais les rapports entre l’homme et son milieu.

Ce projet a besoin de financements, aidez-nous à le réaliser !

Plus d’informations dans le fichier PDF à télécharger ici ainsi que sur la page dédiée, sur le site de l’UMR 208 Patrimoines Locaux.

Deja un comentario

Campos requeridos marcados con *.